Le moulin de Lavengat

Mise à jour le Mardi, 03 Avril 2012 13:53 Écrit par Yvon Gac Lundi, 11 Juillet 2011 19:21

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LE MOULIN DE LAVENGAT

(Article tiré de documents fournis par M. Jo BERTHOU)

 

Un cahier des charges, établi le 10 mars 1853 pour une vente aux enchères, nous fournit une description du moulin au milieu du XIXème siècle. Ce cahier des charges a été dressé pour « parvenir à la vente, sur licitation, aux enchères, des immeubles dont la désignation est ci après », suivant le jugement du tribunal civil de Brest (le 5 mai 1852) ordonnant la vente.


Désignation du bien.
« En la commune de Guissény, canton de Lannilis, arrondissement de Brest, le moulin à eau de Lanvengat, composé comme suit :
Une maison à moulin, couverte d’ardoises, ayant de longueur à l’extérieur treize mètres soixante quatre centimètres et de largeur cinq mètres vingt centimètres avec deux portes ouvrant l’une au levant et l’autre au couchant,
Dans cette maison existent trois moulins à farine avec leurs mécaniques et accessoires. Deux fonctionnent au moyen de routes à palettes à l’extérieur et le troisième au moyen d’une roue à pirouette avec sa cage à l’intérieur.
Au couchant de la dite maison et y attenant au bout du midi, une maison à four, aussi couverte d’ardoises composée d’un rez-de-chaussée et d’un étage au grenier avec son four adossé au pignon du couchant.
Au levant du moulin, la chaussée ayant de longueur deux cent dix mètres quatre vingt quatre centimètres et de largeur neuf mètres soixante quinze centimètres.
Au levant de la chaussée, l’étang du moulin et le canal des eaux perdantes.
Le tout d’un tenant, cadastré section B sous les numéros 184 et 185 et contenant vingt neuf ares soixante quatre centiares
. »

Les propriétaires.
Les copropriétaires des immeubles dont la désignation précède, sont :
« 1°) Jean Marie Beyer, époux d’Isabelle Caraës pour une part indivise qu’il a recueillie dans la succession de Françoise Ségalen décédée épouse de François Beyer, sa mère
2°) Marie Françoise Berthou, femme Le Hir, aussi pour une part indivise recueillie par elle dans les successions de Jean Berthou et Marie Vezo, ses père et mère
Et les dits deux mineurs Jean Louis et François Berthou pour une part indivise formant la totalité du dit moulin et dépendances, laquelle part a été par eux recueillie dans la succession de Yves Berthou, leur père auquel elle était échue des successions des dits Jean Berthou et Marie Vezo, ses père et mère.
Les droits des parties dans les immeubles sus désignés ont été établis par un contrat de vente reçu par Me Le Jeune, notaire à Lannilis, le vingt cinq octobre mil huit cent vingt cinq, enregistré le lendemain duquel acte il semble résulter que Jean Marie Beyer y est intéressé dans la portion de vingt-un francs quarante un centimes de revenu à celle de neuf cent quatre vingt dix huit francs cinquante neuf centimes qui reviendraient à Marie Françoise Berthou, épouse de Jean Le Hir et aux dits mineurs Berthou ci dessus qualifiés entre eux.
Il n’existe du dit moulin exploité par les époux Le Hir et la veuve Inizan ou plutôt Marie Yvonne Inizan, veuve Berthou, qu’un bail verbal devant expirer le vingt neuf septembre mil huit cent cinquante trois
».

La mise à prix est fixée à 18.000 francs et les enchères ne pourront être moindres de cent francs. « Elles ne seront point reçues de la part de personnes qui n’offriraient pas une garantie suffisante ». L’adjudication aura lieu au plus offrant et dernier enchérisseur après l’extinction successive des trois feux de la durée d’environ une minute chacun. « Le paiement ne pourra être effectué et avoir lieu valablement qu’en espèces d’or ou d’argent ayant actuellement cours de monnaie ». Le prix ne produira point d’intérêts attendu que l’adjudicataire n’entrera en jouissance qu’à partir du 29 septembre 1953.

Adjudication du 5 avril 1853.
"Devant nous Me. Rucard et l’un de nos collègues, notaires à Lesneven (Finistère), soussigné
Ont comparu :
Jean Marie Beyer meunier, époux de dame Isabelle Caraës, demeurant au moulin du Mingam en la commune de Lannarvily, d’une part ;
Dame Marie François Berthou et le sieur Jean Le Hir son mari en autorité, meuniers, demeurant et domiciliés au moulin de Lanvengat en la commune de Guissény, le dit sieur Le Hir agissant pour autoriser la dite épouse et en outre en sa qualité de subrogé tuteur des mineurs Berthou ci après nommés et qualifiés
Dame Marie Yvonne Inisan, veuve du sieur Yves Berthou, meunière demeurant et domiciliée au dit moulin de Lanvengat agissant au nom et comme tutrice légale de Jean Louis et François Berthou, ses deux enfans mineurs, issus de son mariage avec le dit Yves Berthou, sans profession, demeurant avec elle, d’autre part
".

Les comparants ont requis le dit Me Rucard commis de faire la lecture tant du cahier des charges que des dires des parties et de procéder ensuite à la réception des enchères ainsi qu’à l’adjudication des sus dits immeubles, sur la mise à prix de 18.000 francs.

« Les enchères ayant été déclarées ouvertes, un première bougie a été allumée ; pendant sa durée, plusieurs enchères successives ont été portées et la dernière a fait monter le prix à la somme de 18.100 francs. Un second feu a été allumé et pendant sa durée plusieurs enchères successives ont été reçues dont la dernière mise par Jean Le Hir comparant a fait monter le prix de la vente à la somme de 20.300 francs. Deux nouvelles bougies ont été successivement allumées, ont brûlé et se sont entièrement éteintes sans que personne ait surenchéri. Et aussitôt le dit Me Rucard, notaire commis, a déclaré le dit sieur Le Hir, dernier enchérisseur, adjudicataire du dit immeuble pour la somme de 20.300 francs, outre les charges de l’enchère.
Le dit Jean Le Hir a déclaré accepter la dite adjudication au nom de dame Marie Françoise Berthou, son épouse, susnommée et de Jean Louis et François Berthou, mineurs issus du mariage de feu Yves Berthou et de dame Marie Yvonne Inisan, dans les proportions établies au cahier des charges. Ce qui a été également accepté par les dites femme Le Hir et veuve Berthou aux dits noms
».